Sainte-Marguerite, 11ème arrondissement.

Retour à cette petite église dont le début de la construction date de 1623, alors sous le règne de Louis XIII. Le quartier du Faubourg Saint-Antoine, en pleine expansion, est alors dominé par l’abbaye de femmes de Saint-Antoine des champs, sacrée abbaye royale par Saint-Louis en 1150 et appartient à l’ordre de Cîteaux (Saint-Bernard).

La petite église est due à l’abbé Fayet, alors curé de Saint-Paul du Marais, église la plus « proche » du quartier. C’est en 1625 qu’elle sera sacrée sous l’invocation de Sainte-Marguerite. Elle n’est constituée que des trois premières travées de la nef actuelle. Après un conflit que l’abbé engage avec les marguilliers de Saint-Paul et après sa mort, un presbytère est construit rue Saint-Bernard en 1637 (il n’existe plus). En 1660 on demande au roi d’autoriser la construction des bas-côtés, puis en 1663 les fonts baptismaux. En 1669 les bas-côtés sont terminés, mais sur une longueur de 14m, les cinq premières travées. Finalement, c’est en 1679 que la nef sera agrandie dans ses dimensions actuelles. Restent le transept et le chœur à construire. Ce sera fait en 1703 pour la partie nord. Un jubé, un maître-autel et la chaire sont installés en ce début de siècle.

En 1712, l’église est érigée en paroisse par l’archevêque cardinal de Noailles. Jean-Baptiste Goy est le premier curé de cette nouvelle paroisse, vingt prêtres l’accompagnent ! C’est au frais du curé que le transept sud est construit en 1724. Le calvaire et le charnier avaient été mis en place en 1717 et 1722.

Le début de la construction de la partie haute du clocher se fait en 1758.

C’est entre 1760 et 1762 que l’église aura son aspect final avec la construction de la chapelle des Âmes du Purgatoire, qui empiète sur une partie du cimetière;

Sa façade, actuellement en travaux de restauration, est de style néoclassique très sobre. Peu d’informations sur sa construction et son créateur, il semble qu’elle ait été bâtie sous la Restauration (1814/1830)…

Il aura fallu près de deux siècles à ce petit édifice religieux pour voir achever sa réalisation, dans lequel de nombreux évènements eurent lieu et qui bénéficie d’un apport artistique certain !

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Placée à l’entrée, cette plaque rappelle un évènement historique et religieux dont Voltaire fut lui-même témoin et pour lequel il sera entendu au cours de l’enquête ordonnée par le cardinal de Noailles. Il écrira plus tard sur ce sujet : « Le miracle du Faubourg Saint-Antoine m’a donné un vernis de dévotion » !

La Révolution ne la fit pas trop souffrir de destructions alors courantes, mais elle servit de réunion à l’assemblée primaire du Tiers État en avril 1789. Sur trente trois prêtres, vingt prêtèrent serment. Le curé Beaurecueil refusa et partit en exil en janvier 1791. Son premier vicaire se maria dans l’église !

Fermée en 1793, elle fut rendue au culte en mai 1795, mais les catholiques partageaient l’église avec d’autres adeptes : les théophilanthropes.

Au cours de l’année 1795, le 10 juin, un corps venant de la prison du Temple fut placé dans la fosse commune. Cela deviendra le mystère Louis XVII, fils du roi guillotiné. À ce jour cette tombe reste une énigme.

Dans la chapelle des Âmes du Purgatoire a été inhumé Jacques Vaucanson (1709/1782), mécanicien illustre, constructeur d’automates qui légua sa collection à Louis XVI. Celle-ci constitua le premier fonds du Conservatoire des Arts et Métiers.

Dans le cimetière, l’abbé J-J Dubois (1750/1815). Lazariste, il est à l’origine de l’acquisition des six tableaux décorant l’église, relatant la vie de Saint-Vincent de Paul.

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La chaire, datée de 1704, comporte quatre bas-reliefs illustrant les prédications de Saint-Jean-Baptiste, du Christ, de Saint-Pierre et Saint-Paul.

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La Déposition de Croix, tableau attribué à C. Dorigny qui peignit avec Rosso la galerie François 1er de Fontainebleau. Ce tableau, de style maniériste, aurait été peint en 1548 pour la chapelle d’Orléans aux Célestins à Paris.

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Le Massacre des Innocents, de Francesco de Rosa, dit Pacceco (1600/1659). Thème très fréquent au XVIIème siècle traité ici dans un style baroque napolitain énergique.

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Deux vitraux modernes en hommage aux Morts pour la France, placés de part et d’autre d’un monument mémorial.

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Déposition de Croix, bas-relief placé en fond de chœur formant une abside plane. C’est un vestige d’une œuvre de François Girardon (1628/1715) exécutée par deux de ses élèves (Le Lorrain et Nourisson) et conçue pour sa femme décédée en 1698 qui était peintre de fleurs et de fruits et fut la première femme reçue à l’Académie de peinture et de sculpture. À l’origine, le tombeau était placé dans l’église Saint-Landry, proche de Notre-Dame, qui sera fermée en 1791. Sauvé par A. Lenoir, cet ensemble sera remonté en 1817 dans l’église Sainte-Marguerite.

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Transept sud, la chapelle de la Vierge. Une partie des tableaux consacrés à Saint-Vincent de Paul s’y trouve, mais hélas le lieu est bien trop sombre pour faire des images de qualité !

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La chapelle des Âmes du Purgatoire, de Nicolas Victor-Louis (1731/1802) Il fut notamment l’architecte du Grand Théâtre de Bordeaux et de la Comédie Française.

Le relief n’est dû qu’à l’effet saisissant de l’art du trompe-l’œil ! Récemment restaurée et de belle façon…

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Au fond, tableau de Gabriel Briard (1729/1777)  illustrant le passage des âmes du purgatoire vers le ciel, hissées par des anges. Placé en arrière du décor de colonnes, il est éclairé par une verrière l’inondant d’une lumière zénithale naturelle.

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Sur les murs personnages symbolisant la brièveté de la vie et la vanité des biens de ce monde, illustrant les citations bibliques inscrites sur les faux socles.

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Surmontant les fausses colonnes, frises réalisées par G. Briard, évoquant la mort de Jacob en Égypte et ses funérailles au pays de Canaan.

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Lors du sacre de Napoléon Bonaparte et de la signature du Concordat avec la France, le pape PIE VII visite la paroisse  et Sainte-Marguerite.

Il fit don d’un calice conservé dans le « trésor de l’église ».

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Concert d’orgue à Notre-Dame

Ce 1er novembre, à 20h, Véronique Le Guen donnait un concert sur l’orgue restauré de la cathédrale. L’artiste me gratifia d’une invitation exceptionnelle dans la tribune même, tout près de l’instrument. Avec la nef en perspective du haut de ce balcon, le son vibrait, les notes scintillaient, tonitruaient et tout mon corps et mon esprit était envahis, inondés de plaisir et d’un bonheur unique !

Cet évènement étant quasi imprévu, je n’avais pas, hélas! l’appareil photo le plus sensible pour le capter au mieux. Mais il a été malgré cela immortalisé avec les petits moyens disponibles.

Ce concert suivait une procession et une messe dédiées à tous les Saints et aux églises persécutées.

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DSCN3931La tour sud, qui permet l’accès à l’orgue, avec son ouverture réservée au passage des cloches.

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DSCN3958Vues du haut de la tribune d’orgue.

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DSCN3950L’orgue et ses trompettes en chamade, qui envoient des sons d’une puissance incroyable, surtout lorsqu’on se situe juste au dessous !!!

DSCN3949Encore un grand merci à Véronique Le Guen pour cette heure inoubliable !

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Couleurs d’automne.

Il est bien là, l’automne, malgré cette étrange douceur. Les feuilles colorent Paris d’or et de roux, le ciel oscille entre bleu intense et nuages plombés pas toujours dégoulinants. Il fait bon se balader par toutes ces lumières et couleurs. Dans un mois les arbres seront chauves ou presque… Alors profitons.

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Pont des Arts

Il est dans un piteux état ce joli pont métallique ! Les touristes amoureux y ont déposé tant de cadenas, symboles de leur amour indéfectible, que les garde-corps s’effondrent ! Pas beau à voir. Les services techniques de la ville de Paris et ceux de l’urbanisme vont-ils trouver la solution qui permettra de rendre esthétique et efficace leur remplacement afin que plus aucun ne soit tenté d’accrocher ces cœurs cadenassés ? Et je voudrais bien savoir combien de clefs tapissent le lit de la Seine ?

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Et quand ce ne sont pas les cadenas, ce sont les tags hideux!!!

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Construction… Démolition…

Ça bouge à Paris !

La Cour Carrée du Louvre en effervescence pour la « Fashion Week » et le Palais Royal qui voit le démontage de la salle de théâtre provisoire installée au moment de la rénovation de la Comédie Française.

(Photos prises le 25 septembre)

Palais Royal.

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Effet étonnant en entrant par le côté Rivoli, un ensemble de miroirs déformants reflète la façade intérieure du Louvre !

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DSCN4265Mais plus rien n’étonne un pigeon !

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Jardin Rosa Luxemburg, Paris 18ème

Un nouveau jardin public a été inauguré cet été à Paris. Il a été nommé « Rosa Luxemburg » . Qui est-ce ?
D’après un résumé de Wikipedia : Rosa Luxemburg est une militante socialiste et théoricienne marxiste, née à Zamość (Empire russe, actuelle Pologne) le 5 mars 1871 (ou 1870).
Née sujette polonaise de l’Empire russe, elle prit la nationalité allemande afin de poursuivre en Allemagne son militantisme socialiste. Figure de l’aile gauche de l’Internationale ouvrière, révolutionnaire et partisane de l’internationalisme, elle s’opposa à la Première Guerre mondiale. Pour cette raison, elle fut exclue du SPD, et cofonda la Ligue spartakiste, puis le Parti communiste d’Allemagne. Deux semaines après la fondation du Parti communiste, elle mourut assassinée à Berlin le 15 janvier 1919 pendant la révolution allemande, lors de la répression de la révolte spartakiste. Voila pour la personnalité.

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- Venons en au jardin, situé le long des voies ferrées de la gare de l’Est, à l’intersection entre les rues Riquet et Pajol dans le 18è arrt. C’est un petit espace où se trouvait la gare marchande, un ensemble de hangars de métal aux multiples toits de tuile rouge. Tout ceci a été déshabillé pour ne garder que l’ossature de poutrelles à l’intérieur desquelles ont été construits une bibliothèque « VÃCLAV HAVEL », un café style américain avec grande terrasse extérieure et musique à donf’ (heureux le voisinage ?…) côté rue, une grande esplanade permettant, comme je l’ai vu ce samedi 27 septembre, de laisser s’exprimer des street artistes sur des panneaux disposés, je pense, provisoirement… Quelques vendeurs de camelote en tous genres… Bref un bel exemple de lieu de vie et de partage populaire !
Les toitures sont couvertes de panneaux photovoltaïques permettant une économie de fonctionnement très écologique et l’ensemble de l’habillage extérieur est constitué de lattes de bois non teinté, clair doré, mais qui déjà laisse apparaître de grandes auréoles causées par la pluie et les fuites que le soleil et la chaleur ont commencé de cuire et noircir.
– Les plantations du jardin sont plutôt minimalistes à l’extérieur et traitées de façon japonaise sous la toiture, grands bassins aquatiques en voie de développement (certains font un peu pitié !) et le long du grillage des voies ferrées, quelques arbres à papillons (lilas japonais ou buddléia) chétifs parmi beaucoup des plates-bandes sableuses arides ou couvertes d’écorces… J’espère que les moyens financiers du 18è arrt permettront d’améliorer ce paysage floral rachitique pour un budget raisonnable  ?!…
– Curieusement, lorsqu’on a parcouru ce jardin sur toute sa longueur, depuis l’entrée située au carrefour, aucune sortie directe sur la rue, c’est un « cul de sac » ?..!… Il faut, soit rebrousser chemin, soit prendre un escalier peu explicite (une signalétique quasi absente) et sortir par un café en passant devant un local où on peut se faire tatouer (super !) et par un couloir vraiment aussi attractif qu’un accès de parking souterrain ! L’issue face à nous, portes ajourées métalliques cadenassées ( ?) donc inutilisables, nous oblige à passer dans ce café alors que nous n’avions pas idée d’en être les clients… Et c’est tant mieux car nous passons devant le « bar » et le personnel comme si nous étions transparents
– En sortant sur la gauche, un gymnase moderne a été construit à côté de l’ancien bâtiment des Messageries qui lui est réhabilité en lycée dédié à Aimé Césaire.

- Bref, vous aurez compris mon scepticisme devant cette nouvelle réalisation très « boboparisienne ».. … Allez, quelques images…

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Image des lieux avant réhabilitation.

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À deux pas de là, un bâtiment réhabilité, lui aussi, qui a intégré ou respecté la présence d’un boulot.

Bravo !

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St Leu-St Gilles

Il fait beau, le soleil donne à cette journée de mi-septembre une belle clarté de fin d’été. Passant devant l’église dans cette rue grouillante de monde, je me souviens que les vitraux lui donnent une belle couleur bleutée. J’entre et cette jolie lumière d’azur colore par touches les piliers et les statues.

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Un peu d’histoire !

D’après un texte est tiré du livre de Jean-Pierre de Gennes, LES CHEVALIERS DU SAINT-SÉPULCRE DE JÉRUSALEM

L’église Saint Leu-Saint Gilles accordée comme église capitulaire.
L’année 1927 est marquée par une importante cérémonie. Les chevaliers du Saint Sépulcre sont associés à la célébration du centenaire de la translation des reliques de sainte Hélène dans l’église Saint Leu-Saint Gilles, rue Saint-Denis.
Le 22 novembre, Monseigneur Chaptal, auxiliaire de l’archevêque de Paris vient présider la cérémonie et une plaque commémorative de marbre est apposée sur un pilier du chœur. On peut y lire que les reliques avaient été données par l’Archiconfrérie royale du Saint-Sépulcre le 29 novembre 1820.
Les chevaliers français du Saint Sépulcre ne disposaient pas d’église pouvant les accueillir pour leurs cérémonies propres.
L’ancienne collégiale du Saint-Sépulcre, rue Saint-Denis, et l’église des Grands Cordeliers, sièges successifs de l’ancienne Archiconfrérie avaient disparu avec la Révolution.
Le centenaire de la translation des reliques de Sainte-Hélène auquel ils avaient été conviés leur paru providentiel en leur suggérant que Saint Leu-Saint Gilles pourrait être valablement leur église capitulaire.
Ils obtiennent facilement l’accord du cardinal Dubois, Archevêque de Paris. Le 16 octobre 1928 se déroule en l’église Saint-Leu la cérémonie solennelle de « Réintégration des Chevaliers du Saint-Sépulcre dans leur paroisse ancestrale de Saint Leu-Saint Gilles ». La chapelle des fonts baptismaux est concédée à titre de chapelle privative. Une plaque de marbre portant une inscription commémorative est apposée à l’entrée. L’archevêque de Paris préside lui-même la cérémonie. Un procès-verbal est établi et signé par toutes les personnalités présentes.

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